dimanche, août 27, 2017

Autorité et gestion de classe : quelques points de repère


Alors que la rentrée se rapproche et que la consultation de mes billets de blog de “conseils” et de “bibliothèque idéale” pour les débutants augmente, je vous propose, dans la même logique, quelques réflexions pour faire le point sur l’autorité et la gestion de classe...

Pendant plusieurs années à l’IUFM de Paris, j’ai animé des séances de formation transversales consacrées à la “gestion de classe”. Au cours des années, le titre a changé et c’est d’ailleurs assez révélateur de l’évolution de la conception. On est passé de “tenue de classe” à “gestion de classe” puis à “gestion de classe et climat scolaire”. Le terme de “tenue de classe” m’a toujours mis mal à l’aise avec ce qu’il sous-entendait de rapport de forces et de “domptage”. La “gestion” renvoie à un vocabulaire plus technique et nous permet d’insister sur l’aspect systémique et l’existence de “ressources”. Le rajout du terme “climat scolaire” nous rappelle heureusement que tout cela s’inscrit dans une logique de construction collective.

Lorsque j’évoquais ces séances de formation auprès de personnes hors de l’école, les réactions étaient très diverses. Ironique : “Tu leur fais des cours d’auto-défense ?”, Péremptoire : “De toutes façons, l’autorité est naturelle, on l’a ou on l’a pas…”. Mais même parmi les collègues, les réactions étaient très tranchées : “ne jamais sourire avant Noël”, “On n’est pas là pour négocier”, “ce qui est le plus important c’est de bien maîtriser sa discipline”. Et chacun d’y aller de son conseil et de “la” méthode infaillible.
C’est d’ailleurs sur cette base qu’étaient nées ces formations il y a une dizaine d’années avec un enseignant médiatisé qui avait réussi à imposer une démarche auprès de l’administration centrale de l’éducation nationale.  

Il est toujours délicat de s’ériger en “donneur de conseils”. Il peut y avoir beaucoup de prétention dans cette posture. Ce qui marche avec certains peut ne pas marcher avec d’autres. Bien sûr, on n’y échappe pas quand on assume ce genre de formation et le texte qui suit rassemble évidemment un certain nombre de conseils. Mais les questions liées à la gestion de classe relèvent aussi pour une bonne part de l’indicible. Chaque situation est unique et, malgré les conseils, s’appuie sur de l’expérience personnelle.
se préparer…
Plus que les conseils, ce qui est important en formation, c’est de se placer dans une démarche réflexive, de déconstruire ce qui semble des évidences et de se définir quelques principes d’action. Philippe Perrenoud dans un titre de livre (1996) définissait le métier par cette formule agir dans l’urgence, décider dans l’incertitude”. Notre métier est ainsi fait d’un grand nombre de micro-décisions qui s’imposent à nous et auxquelles il faut être capable de répondre même si on ne peut toutes les envisager dans le détail. En somme, il s’agit de “se préparer”, même si on n’est jamais vraiment préparé…






A propos de l’autorité...
Derrière la question de la gestion de classe, un mot arrive rapidement : “Autorité”. C’est la question qui vient très vite chez les enseignants débutants (jeunes ou moins jeunes et à tout niveau) : aurais-je assez d’autorité pour m’imposer ? Comment construire mon autorité ?
La notion est complexe et polysémique. Si on s’en tient à une définition classique, l’autorité est le pouvoir d’obtenir, sans recours à la contrainte physique, un certain comportement de la part de ceux qui lui sont soumis. En excluant l’intervention de la force, on la distingue de la notion de pouvoir. C’est ce que souligne cette définition de Gérard Mendel (1971) : « L’autorité est le pouvoir d’obtenir quelque chose de l’autre sans avoir à se justifier et sans le recours à la force »
Fort heureusement, les enseignants n’utilisent pas la violence pour se faire obéir et pour faire faire aux élèves ce qu’ils veulent qu’ils fassent. Sur quoi repose alors l’obéissance ? Sur la légitimité que les élèves leur reconnaissent.
-       L'autorité traditionnelle trouve sa légitimité dans la tradition. On respecte les règles et ceux qui les incarnent parce qu’il en a toujours été ainsi...  
-       L'autorité charismatique trouve sa légitimité dans la personnalité de celui qui l’incarne et l’emprise qu’il provoque.  
-       L'autorité légale-rationnelle est, selon Weber, celle qui caractérise la modernité. Elle est inscrite dans le droit civil ou administratif et est légitimée par la complexité de la division du travail dans une société telle que la nôtre. En d’autres termes, on obéit parce qu’on évolue dans une institution qui a défini des règles auxquelles on se conforme et que les acteurs de cette institution sont supposés avoir des compétences qui les rendent légitimes pour obtenir cette obéissance.  
Si on s’en tient à cette typologie, l’autorité dans l’Éducation Nationale relève donc surtout de la dernière catégorie. Mais l’autorité charismatique constitue aussi un idéal ou un fantasme pour beaucoup (cf. l’autorité naturelle).
On peut nuancer la définition de Gérard Mendel sur un autre point. Celui ci indique, en reprenant Hannah Arendt, que l’individu qui obtient l’obéissance le fait « sans avoir à se justifier ». Dans le domaine pédagogique c’est très discutable. On peut aussi obtenir l’adhésion par l’argumentation et la justification même si celle ci a ses limites. Par cette nuance on peut ainsi établir une distinction entre l’autorité et l’autoritarisme...
Bruno Robbes dans ses travaux sur l’autorité éducative présente l’autorité avec l’aide de trois verbes :
-       Etre l’autorité
-       Avoir de l’autorité
-       Faire autorité
Cette distinction permet de distinguer l’autorité qui provient du statut (“être”), de la compétence acquise (“avoir”) et celle qui est liée à l’auteur lui même : l’autorité qui autorise, qui augmente . Pour reprendre les termes mêmes de Bruno Robbes : « Avoir de l’autorité en tant que personne, c’est avoir cette confiance suffisante en soi, c’est être suffisamment maître de sa propre vie pour accepter de se confronter à l’autre avec son savoir et ses manques. […] Rien de naturel dans cette autorité là : c’est par des actes posés tout au long d’une vie que le sujet s’autorise progressivement à assumer un statut, reconnu par la mise en œuvre de savoirs qu’il continue à développer. »


Autrement dit l’autorité n’est pas ici seulement une autorité qui contraint mais aussi une autorité qui permet à l’élève d’évoluer : « je suis suffisamment conscient de mon autorité que je te permets d’être autonome dans un cadre que j’ai fixé ». Et cette autorité me vient des compétences et des savoirs que j’ai construits. Et les élèves reconnaissent ces compétences. Le maître est le maître parce qu’il sait ce qu’il fait et qu’il sait où il va et qu’il a confiance dans ma capacité à progresser et apprendre. Ce que Michel Serres appelle “la présomption de compétence”

Bien loin de ceux qui conseillent de ne pas sourire avant Noël (NSBC : never smile before Christmas disent les anglo-saxons)  le sourire, la bienveillance peuvent aussi contribuer à l'autorité, la vraie, celle qui autorise... C'est ce que je dis d'ailleurs aux stagiaires en formation “gestion de classe" que j'anime. Lorsqu'on se déguise, qu'on joue un rôle, les élèves le voient et ressentent votre posture (au sens éthologique du terme) comme une défense et donc une crainte.
Assumer ce que l'on est, faire preuve d'humour, "lâcher prise", être souriant, c'est aussi dire inconsciemment aux élèves : “regardez, je suis à l'aise, je n'ai pas peur de vous, on peut faire alliance” et c'est aussi donc indirectement marquer son autorité.
Pour ma part, j'utilise beaucoup l'humour en classe (et pas l'ironie, même si ça peut m'échapper) et les élèves se disent (du moins je l'imagine) qu'un type qui est capable de faire ça en classe, est à l'aise et maîtrise les choses. Et on peut alors avancer dans les apprentissages.
Cela ne m'empêche pas bien au contraire d'être garant du “cadre” et donc de rappeler les limites afin de garantir à chacun (y compris contre soi même) qu'il puisse bien y avoir la possibilité d'apprendre.
Après (ou avant plutôt…), bien sûr, il faut maîtriser les contenus. Si vous n'êtes pas à l'aise sur les contenus que vous enseignez, cela va se voir presque physiquement. En revanche si vous les maîtrisez, vous serez plus à l’aise y compris dans votre posture et vous autoriserez plus facilement  à sortir du contrôle et à laisser de la place aux élèves. Les problèmes de discipline sont donc aussi des problèmes de discipline (scolaire) mais ils ne sont pas que cela. Il ne suffit pas de maîtriser les savoirs savants et scolaires pour être un bon enseignant. Il faut aussi avoir réfléchi à son rôle et aux questions d’autorité.


Les quatre dérives de l’enseignant.
Enseigner est un métier en tension... Même s’il y en a quelquefois en classe ( !) ici, cela signifie qu’il il faut sans cesse choisir la bonne attitude savoir  placer le curseur entre deux pôles.
Enseigner est d’abord une relation : ce n’est évidemment pas que cela, mais si on ne crée pas d’abord le contact il ne peut pas y avoir transmission des connaissances… Il y a donc une dimension  affective et interpersonnelle essentielle dans l’acte d’enseignement. Qu’on s’en défende ou qu’on l’assume, notre métier ressemble à celui d’un animateur au contact d’enfants : il faut gérer l’affectif, négocier... Mais être enseignant c’est aussi et surtout une question de savoirs et savoir-faire à faire apprendre aux élèves. Et pour cela mieux vaut avoir une certaine passion et transmettre la saveur des savoirs. Le risque est double : oublier les savoirs et ne plus être que dans le relationnel et à l’inverse être un savant qui oublie d’établir le contact et de se mettre à la portée des élèves.
Comment engager les élèves dans les apprentissages et créer le cadre de travail ? L’autorité est nécessaire. Comme on l’a vu plus haut, elle peut reposer sur le "charisme", une dose de séduction mais aussi et surtout sur les compétences et la confiance en soi. Mais créer le cadre c’est aussi fixer les limites de ce cadre. C’est là le “côté obscur” vers lequel on hésite à s’engager : le rappel à la règle et quelquefois le recours à la sanction. Là aussi, le risque est double : ne se fonder que sur le charisme c’est courir le risque de se transformer en “gourou” ou en tout cas, jouer sur des phénomènes d’emprise qui peuvent être pervers. À l’inverse, on peut se transformer en “flic” et être uniquement dans une dimension répressive pour se faire craindre plutôt que respecter.
Être enseignant, c’est naviguer entre ces quatre écueils et tenir ensemble toutes ces dimensions. C’est ce que j’essaye de résumer dans le schéma joint.
cliquez sur l'image pour l'agrandir


Gestion des conflits
Dans les formations “gestion de classe”, si on suscite une réflexion sur l’autorité et sur les différentes dimensions du métier, il y a aussi un aspect incontournable tant il est présent dans les inquiétudes des enseignants débutants : c’est la gestion des conflits.
Les vidéos de Neopass@ction sont un bon moyen de réfléchir à ces situations.
On peut aussi, comme je le pratique, proposer des situations à jouer avec le théâtre d’intervention. Le principe est le suivant : les protagonistes de départ (un(e) stagiaire volontaire et le formateur) jouent la scène une première fois sans être interrompus. Puis ils la jouent une deuxième fois mais les spectateurs peuvent intervenir pour remplacer l’un ou l’autre des “acteurs” et proposer une autre solution à la situation proposée. Dans un deuxième temps, je propose ensuite aux participants de construire à plusieurs d’autres saynètes sur des situations de conflit et de les jouer et proposer aux autres participants.
Ce dispositif a l’avantage d’obliger à une forme d’empathie puisqu’il amène à se mettre dans la peau d’un élève et de faire preuve d’imagination pour imaginer d’autres solutions. On peut aussi poursuivre la réflexion en se demandant comment éviter que la situation se produise. Les discussions qui suivent ces sketchs sont toujours très riches. On peut en résumer les conclusions en quatre verbes : Dépersonnaliser / Décaler / Dédramatiser / Prévenir

·      Dédramatiser : les situations de conflits sont souvent des engrenages qui partent de motifs quelquefois dérisoires, même s’ils sont importants pour les individus qui les ont déclenchés. L’engrenage est aussi le résultat d’une volonté de “ne pas perdre la face” (des deux côtés). Il faut éviter de tomber dans ce piège dans lequel on ne gagne jamais (même si on croit avoir gagné à court terme). L’humour est ici un atout.

·      Décaler : lorsqu’il y a de la tension, on perd (souvent) la raison. Réagir à chaud n’est pas forcément une bonne solution d’autant plus lorsqu’on court le risque de l’engrenage devant le reste de la classe. Il peut alors être utile de retarder et de décaler la confrontation en proposant par exemple d’en reparler à froid par exemple à la fin de la classe.

·      Dépersonnaliser : c’est un des grands principes du droit. Il faut distinguer l’acte et la personne. Celle ci a commis un acte qui n’est pas acceptable et c’est cela qui est l’objet du conflit et d’une forme de jugement. Mais (et c’est aussi un moyen de préserver l’estime de soi) poser que celui qui commis cela n’est pas réductible à ce seul acte. Concrètement cela signifie dire à l’élève : “tu vaux mieux que ça”.

·      Prévenir : les situations de conflit naissent dans un contexte qui est celui de la classe et de l’établissement à un moment donné. Le climat scolaire peut évoluer grâce à l’action de tous et de chacun. Analyser les situations de conflit, suppose aussi d’avoir une démarche “pro-active” pour prévenir les problèmes et éviter qu’ils se reproduisent.

Comme je le disais plus haut, on n’est jamais vraiment préparé à des situations de conflit qui sont toujours singulières et spécifiques. Mais se préparer c’est savoir qu’elles peuvent se produire et s’être forgé en amont quelques principes d’action.


Ne pas oublier les valeurs (et l'exemplarité...)
Même si la maîtrise des contenus enseignés peut contribuer à donner de l’autorité et de l’assurance, cela passe aussi par la nécessité de réfléchir aux questions d’autorité et à la nécessité de fixer un “cadre” pour les apprentissages et  l’apprentissage de techniques destinées à anticiper et gérer d’éventuels conflits.
Faire la classe, c’est aussi proposer des dispositifs et des supports variés pour combattre un éventuel ennui des élèves et offrir aussi par ce biais des opportunités différentes d’apprendre.
Mais toutes les techniques et tous les dispositifs ne se valent pas. Ils doivent être aussi évalués sous l’angle des valeurs que l’on veut privilégier dans la classe.  On peut construire une classe avec des valeurs de compétition ou au contraire avec des valeurs de coopération.  La pédagogie c’est aussi très “politique” : ce sont des valeurs mises en action. Et un exemple que l'on donne par son propre comportement. Ne l’oublions jamais !




Ce texte a été initialement publié dans le hors-série numérique n°43 des Cahiers Pédagogiques “Débuter dans l’enseignement”. C’est l’occasion de vous inviter à vous procurer ce numéro qui rassemble de nombreux articles utiles pour les débutants, leurs formateurs et tous les autres...



Philippe Watrelot






Licence Creative Commons
Chronique éducation de Philippe Watrelot est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

dimanche, août 20, 2017

La bibliothèque idéale du formateur (débutant)



ce n'est toujours pas rangé…
En aout 2016, je proposais « la bibliothèque idéale du prof débutant », un billet de blog qui a eu beaucoup de succès. Je poursuis dans cette veine avec cette fois-ci une bibliographie/sitographie destinée aux formateurs débutants (et aux autres)
La littérature, alimentée par les formations CAFIPEMF et CAFFA, est assez riche sur le sujet. Mais on y propose essentiellement des textes de réflexion générale sur la posture du formateur ou de la didactique.
En revanche, il y a peu d’ouvrages plus concrets qui constitueraient en quelque sorte la «boite à outils » du formateur : comment mener une réunion, observer une classe, faire des travaux de groupe, mener un entretien, un bilan, etc. Or, toutes ces techniques s’apprennent et se transmettent. Tout comme le métier d’enseignant, celui de formateur est un métier qui devrait reposer sur la mutualisation...
C’est surtout cette dimension très pratique que je voudrais privilégier dans cette compilation forcément incomplète et partiale (il y a même pas mal de copinage...). 
N’hésitez pas, là aussi, à compléter et améliorer cette liste sur les réseaux sociaux ou ici-même.


Note : dans la mesure du possible, les titres des livres renvoient au site de l’éditeur, à une recension plus complète ou alors à un site de vente en ligne.



quelle formation, quels formateurs ?


Valérie Lussi Borer, Luc Ria Apprendre à enseigner  coll. Apprendre PUF 2016
Dans cette bibliothèque idéale, on a besoin de quelques livres qui aident à penser la formation et son évolution. Cet ouvrage collectif (41 contributeurs) constitue selon moi, une référence incontournable. Les enjeux de la formation des enseignants y sont particulièrement bien cernés et la réflexion s’accompagne d’outils et de propositions très concrètes. On y trouve aussi une approche comparatiste sur ce qui se fait dans les pays voisins.
De Luc Ria (par ailleurs, un des fondateurs du site Néopass@ction) on pourra lire aussi Former les enseignants au XXIe siècle, (volumes 1 et 2) De Boeck 2016 . Les deux tomes rendent compte des travaux de la chaire Unesco sur la formation des enseignants pilotée par ce chercheur.




Marguerite Altet (dir.) Former des enseignants réflexifs, obstacles et résistances De Boeck 2013
Cet ouvrage collectif cherche à préciser le concept de “praticien réflexif” très utilisé dans la formation aujourd’hui. Le livre a pour principal intérêt de chercher à identifier les freins et les verrous de la formation dans ce domaine. Il propose aussi des pistes et des dispositifs pour mieux investir cette démarche réflexive.






Revue internationale d'éducation, n°74, Les enseignants débutants avril 2017, CIEP-Sèvres
Ce numéro, coordonné par Patrick Rayou, et Jean-Pierre Véran, permet une approche comparatiste toujours utile à  travers huit études de cas (Argentine, Chine (Shanghai), États-Unis, Finlande, France, Niger, Rwanda, Suisse). On y montre l’importance cruciale de l’accompagnement dans l’établissement scolaire et l’enjeu politique du développement professionnel des enseignants.








Philippe Perrenoud. Dix défis pour les formateurs d’enseignants 1998 (Sur le site de LIFE)
Le sociologue de l’éducation suisse aime les listes, tous ses livres en comportent ! Dans cet article, elle est particulièrement pertinente. Il retient dix “défis” qui sont autant de pièges dans lesquels il ne faut pas tomber quand on est formateur. Pour n’en donner que quelques uns : travailler sur l’identité sans incarner un modèle d’excellence ; Partir des pratiques et de l’expérience, sans s’y enfermer, comparer, expliquer, théoriser ; Combattre les résistances au changement et à la formation sans les mépriser… A lire absolument





Cahiers Pédagogiques Débuter dans l’enseignement Hors série numérique n° 43
Ce numéro hors série coordonné par Catherine Rossignol et Sylvain Connac permet de faire le point sur les débuts dans l’enseignement aujourd’hui et donne la parole à la fois à des stagiaires et des formateurs.







Jean-Louis Lamaurelle, Thierry Gervais, Hélène Lapeyrère L'accompagnement professionnel des jeunes enseignants Hachette 2010 (nlle ed 2016)
Ce livre m’a été suggéré par les réseaux sociaux (et je tiens à remercier ceux qui enrichissent ainsi cette liste). Le livre, qui est une référence, propose une réflexion et des outils surtout centrés sur l’accompagnement des enseignants du premier degré mais cela peut être utile aussi pour le secondaire.
A noter que le principal auteur de ce livre a un blog : Chez Lamaurellepour parler formation, pour échanger






François Muller Des enseignants qui apprennent, ce sont des élèves qui réussissent (Préface de Romuald Normand) ESF éditeur 2017
L’ouvrage de François Muller propose de faire évoluer le concept de formation vers celui de “développement professionnel”. Mais comme toujours chez notre ami, cela s’accompagne aussi de conseils très pratiques et d’outils  transférables. Ce livre très dense et riche  permet donc la transition avec le chapitre suivant…






Roland Goigoux  Quels savoirs utiles aux formateurs ?  Centre Alain Savary IFÉ
Dans cette vidéo et le texte qui l'accompagne, Roland Goigoux résume en une heure les quatorze heures de cours qu’il assure dans le master de formation de formateurs de Clermont. (ESPE Clermont Auvergne et laboratoire ACTé), conférence faite devant les candidats au CAFIPEMF et CAFFA (diplômes formateurs premier et second degré).



boites à outils



Roxane Caty-Leslé, Philippe Watrelot  (coord.) Animer des formations : outils et dispositifs Hors-série des Cahiers pédagogiques n°23, 2011.
Comme on est jamais si bien servi que par soi même, assumons ! Ce hors-série correspond au titre donné à ce chapitre : il se veut une boite à outils. On y trouve rassemblées des techniques et des descriptions de dispositifs utiles pour mener des formations : démarrer une formation, se connaitre, mettre en activité, faire le bilan, travailler sur des documents, etc.
 




Éducation et Devenir Les techniques de formation Cahiers d’Éducation et Devenir  n° 52
Nos amis de l’association Éducation et devenir avaient eux aussi proposé un numéro de leur revue avec de nombreux dispositifs très simples et directement utilisables. Le dossier est présenté en trois parties : techniques de présentation, techniques de conduite de réunion, techniques de bilan.




André De Peretti, Jean-André Legrand, Jean Boniface Techniques pour communiquer Hachette Éducation 1994
Honneur aux anciens ! C’est LA référence en matière de dispositifs de formation. Ce livre de 1994 est toujours une mine d’idées et devrait faire partie de la bibliothèque de tout formateur. Moi, j’en ai un exemplaire et je ne le prête jamais car j’ai trop peur de le perdre ! Vous pouvez encore le trouver sur des sites de vente en ligne.
De André de Peretti, (qui a fêté ses 101 ans) on pourra aussi utiliser Organiser des formations paru en 1991 (si on le trouve…) et qui parle surtout de calcul.
 


André De Peretti, Jean-André Legrand, Jean Boniface Encyclopédie de l'évaluation en formation et en éducation ESF 2005
Par les mêmes auteurs, il s’agit d’un complément du livre précédent. Présenté sous la forme d’une encyclopédie, l’ouvrage est bien plus que cela et comporte de nombreux petits tests et outils d’évaluation. Et il ne parle pas que d’évaluation mais aborde de nombreux dispositifs.





Centre Alain Savary Concevoir des formations pour aider les enseignants à faire réussir tous les élèves – Institut Français de l’Éducation 2017
Présentée comme une synthèse des réflexions et des outils du centre Alain-Savary au service des formateurs, cette brochure téléchargeable gratuitement sur le site de l’IFÉ est une mine de ressources pour les formateurs. On y trouve à la fois une réflexion tout à fait intéressante mais aussi la présentation de plusieurs outils et techniques. En particulier on consacre un chapitre à l’utilisation de la plate forme de vidéos en ligne néopass@ction qui présente des situations réelles d’enseignement filmées et analysées.
 



L’auteur, membre du GFEN, propose dans cet ouvrage des méthodes expérimentées durant les stages de ce mouvement pédagogique. Du même auteur on pourra aussi consulter Former des formateurs, quels outils pour quelle stratégie ? Chronique Sociale 2007.



L’auteur a fondé la collection “Formation permanente” chez ESF (dont tous les ouvrages ou presque pourraient faire partie de cette bibliographie). Ici, dans ce livre, il insiste sur les spécificités des la formation des adultes. Dans ses autres ouvrages, il a développé une réflexion sur la dynamique de groupe, la conduite de réunions, la méthode des cas, le travail en équipe, etc. Roger Mucchielli est décédé en 1981 mais il reste une référence incontournable.

 





Dominique Beau La boite à outils du formateur Editions d’organisation 2008
Situé sur le versant de la formation en entreprise, ce livre dont la première édition date de 1976 peut cependant être une source d’inspiration par la méthodologie présentée et les outils recensés.






Observer, analyser et ecrire sur ses pratiques

Une bonne partie du travail du formateur dans l’éducation nationale et en particulier dans les ESPÉ consiste à faire des “visites”, mener des entretiens et s’appuyer sur l’analyse de pratiques soit à l’oral ou à l’écrit. Cette problématique rejoint aussi celle des tuteurs qui accueillent des stagiaires. Voici donc quelques références spécifiques à cette dimension importante de la formation des enseignants…





Cahiers Pédagogiques n° 511 Observer la classe février 2014
Ce numéro (coordonné par Brigitte Cala et Hélène Eveleigh) ne parle pas seulement de l’observation par les formateurs mais c’est une partie importante de ce dossier. J’ai mis en ligne sur mon blog un article que j’ai écrit pour cette publication : « Un miroir ça réfléchit ».





Pierre Vermersch et Maryse Maurel Pratiques de l'entretien d'explicitation ESF 1997.
C’est la référence incontournable sur cette technique qui consiste à amener l’interviewé à verbaliser à posteriori sa pratique pédagogique et qui est très utile pour les “visites”. L’ouvrage de 1994 fixe le cadre théorique et donne quelques pistes pratiques qui sont bien plus détaillées dans le livre de 1997.



Richard Etienne, Yvelyne Fumat. Comment analyser les pratiques éducatives pour se former et agir ? coll. former et se former. De Boeck 2014
Ce livre se veut un guide pratique et concret s’appuyant sur une douzaine de situations et de dispositifs. Il fait suite à un autre ouvrage des mêmes auteurs plus théorique : Analyser les situations éducatives chez ESF en 2003.
Richard Étienne a aussi co-coordonné (avec Patricia Picques) les Cahiers Pédagogiques n°416 - Analysons nos pratiques 2 (septembre 2003). Il a écrit aussi un article très utile sur l’animation d’un Groupe d’entrainement à l’analyse de situation éducative (Gease) qu’on peut lire en ligne sur le site des Cahiers Pédagogiques.



Cahiers Pédagogiques n° 518 Enseigner, former : écrire Janvier 2015
Coordonné par Patrice Bride et Philippe Chenot. L’écriture professionnelle est aussi un enjeu important en matière de formation. Depuis leur création, les Cahiers pédagogiques sont un lieu où les enseignants écrivent sur leurs pratiques. Et le fait de mettre des mots sur ce que l’on fait est évidemment un formidable outil de formation continue. Mais il peut être aussi utilisé en formation initiale autrement que sous la forme actuelle du mémoire professionnel.






Quelques sites…

Pour finir, voici quelques liens vers des sites qui peuvent rassembler des ressources ou des bibliographies complémentaires.


Philippe Meirieu
Le site de Philippe Meirieu est incontournable pour ouvrir cette rubrique. Notre ami y propose de nombreux textes personnels, des outils de formations ainsi qu’une histoire des grands pédagogues.


François Muller
L’auteur travaille au Département Recherche Développement Innovation Expérimentation (DRDIE) rattaché à la Dgesco et anime de nombreux stages. Il propose un site et un blog avec énormément d’éléments utiles pour les formations.


Le site de l’institut français de l’Éducation
Sur le site de L’IFÉ on trouvera de nombreuses publications utiles pour les formateurs et en particulier un service de « veille et analyses » toujours très bien documenté. Le site accueille aussi la chaire Unesco “Former les enseignants au XXIe siècle”.


Néopass@ction
Le site NéoPass hébergé par l’Ifé est sous-titré “Des outils pour entrer dans le métier” et s’adresse donc prioritairement aux enseignants débutants mais les vidéos et autres outils présentés peuvent servir à tout type de formation. La famille néopass devrait s’agrandir : il est prévu la création d’un néopass sur le même principe consacré aux formateurs et un autre sur la pédagogie dans le supérieur.


LIFE
Le laboratoire de l’Université de Genève (Laboratoire de recherche 
Innovation-Formation-Éducation) animé par Philippe Perrenoud pendant de nombreuses années propose les textes publiés par ses chercheurs.
Les archives de LIFE sont accessibles depuis son ancien site Internet (2000-2015) :


Éduscol
Sur le site Eduscol, on trouvera des pages consacrées à la formation professionnelle des enseignants qui renvoient elle même à des ressources utiles pour les formateurs.


Centre International d’Études Pédagogiques
Sur le site du CIEP, on peut trouver de nombreuses ressources et en particulier des bibliographies utiles sur la formation des enseignants.


Le site personnel de Patrick Robo
L’auteur de ce site, aujourd’hui retraité actif a été chargé de mission pour la formation des formateurs dans l’académie de Montpellier.


Le site personnel de Nicolas Pinel
Ce site recense des documents, outils et ressources pour formateurs d'enseignants. On y trouve notamment une bibliographie utile ainsi que des éléments pour préparer le Cafipemf et le Caffa



Psychologie, éducation et enseignement spécialisé
Le site de Daniel Calin est consacré à l’enseignement spécialisé (ASH) et constitue une ressource importante pour ce domaine de la formation.


Le site du GFEN
Dans le site du Groupement Français d’Éducation nouvelle, on trouvera plusieurs textes sur des pratiques de formation et la présentation des stages proposés par ce mouvement pédagogique.


Le site de l’ICEM
Sur le site de l’ICEM-Pédagogie Freinet, vous trouverez là aussi de nombreuses ressources pour les enseignants et une page consacrée aux formations proposées.


Les sites des Cahiers Pédagogiques
La revue constitue évidemment un support très utilisé en formation avec de nombreux textes qui sont en accès libres. On peut aussi acheter les numéros au format papier ou au pdf et consulter également les archives. Les “cercles” des cahiers sont, quant à eux, des forums qui constituent un outil d’auto-formation.







ET SI ON MUTUALISAIT ? 
Vous pouvez compléter cette liste en ajoutant un commentaire à la suite de ce billet de blog ou en me contactant sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Linkedin…) 
Dans la mesure du possible, je rajouterai vos propositions à cette bibliographie/sitographie.
Bonnes lectures et bonnes formations !







Cet article s'inscrit dans un ensemble de billets de blogs consacrés à la formation. 




Licence Creative Commons
Chronique éducation de Philippe Watrelot est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.


 
Licence Creative Commons
Chronique éducation de Philippe Watrelot est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.
Fondé(e) sur une œuvre à http://philippe-watrelot.blogspot.fr.